Un parfum de poésie

Désir de mai

Désir, subtil et tremblant instant de ferveur
Quand le cœur et la chair palpitent sans comprendre
Quand le vent printanier chante d’un ton rêveur
« Faut-il brûler ses ailes, fuir, ou bien s’éprendre ? »

Renaître... Jusqu’à quand ? Jusqu’au prochain automne ?
Renaître avec l’azur, l’âme remplie d’odeurs
Des champs fleuris de mai où l’espoir papillonne
Et désirer toujours avec force et ardeur

Désirer le soleil, la pluie et la tempête
Désirer la folie d’un baiser transcendant
Désirer la flèche mystérieuse qui guette
Les prisonniers d’amour au cœur indépendant

Désirer la lumière et les longs soirs d’orage
Désirer la caresse où naît l’éternité
Et désirer la vie, avec fougue, avec rage
S’enivrer des parfums des fleurs de volupté...
Monika Gollet, 3 mai 2011

Au Printemps,

Printemps aux cheveux d’or fleuris de pâquerettes
Viens semer de tes mains les graines de l’amour
Répands le chant des cœurs et la douceur des jours
Au milieu des prairies aux herbes guillerettes

Dans les bois où sommeille en secret la nature
Embaume de parfums verdoyants l'arbre nu
Viens dans l'éclat du ciel et sois le bienvenu
O Printemps des baisers, Printemps des aventures

Dans l'argent de tes nuits, dans l'ambre des matins
Essaime en mes rêves des frissons libertins
Que perle sur ma peau l'ardeur de ton essence

Viens Printemps et reçois en offrande ma voix
Et mon âme glacée d'avoir perdu la voie
Du Rite et du Soleil. Préside à ma naissance...(recueil "Aux mots inutiles")


L’Amour sans visage

Tu seras quelque part, dans le creux de ma vie

Tu seras par-delà les regards, les absences

Au bout de nulle part, au bout de ces silences

De rêves et d’espérances inassouvies

 

Tu viendras près de moi, mon ombre familière

Pour recouvrir mon sein de tes fleurs odorantes

Et l’éclat parfumé de nos âmes ardentes

Touchera l’Infini éperdu de prières

 

Car tu es, au-delà de l’étreinte impossible

Comme un rayon de lune ou un soleil de feu

Tu viendras pour donner la lumière à mes yeux

Et rendre à ma bouche les mots de l’indicible

 

Mon amour, mon poème, mon Amour sans visage

Folie ! Toi qui n’es que brûlure et volupté

Moi, l’Incertitude, je ferai ce naufrage

En ta contrée de secrètes félicités

 

Dans le ciel affable de l’Aube souriante

Je regarde la nue et je songe à ce jour…

Peu importe le Temps, tu seras là, Amour

Je te retrouverai, nue, pâle et déchirante

 

Je te retrouverai par delà ces voyages

Que l’on fait solitaire jusqu’au bout de soi

Quand le temps est ingrat et que la vie déçoit

Nous nous retrouverons en d’autres paysages !


Debout !

 

Mon âme est fatiguée, malade de rancœurs

J’avais un souffle à l’âme et j’ai un râle au cœur

Elle, jadis pleine de vents et de tempêtes

Cette âme qui chantait, qui hurlait à tue-tête

La voici qui se tait et se terre sans bruit

Nourrie de ses misères, insipides fruits

La voici affamée, grattant de ses doigts maigres

-Oh ! Elle qui jadis, allait fière et allègre –

Les infertiles sols de la modernité

Et cherche dans la boue un peu d’éternité !

Debout, Ame, debout ! C’est assez de prières

Mièvre donc que tu es, mon âme singulière !

C’est assez de prisons, c’est assez de martyrs !

A quoi sert la raison ? A quoi, les repentirs ?

La route sera longue et le ciel sera noir

Le nectar de la vie n’est que ton propre espoir

Extirpe de tes plaies ces inutiles peines

Aux flèches de l’amour mets de sublimes pennes

Revêts ton armure flambante de lumière

Marche, mon âme, marche ! C’est l’heure ! La guerre

A partout ses entrées ! La vie n’est que batailles

Et où que tu te poses, et où que tu ailles

Prépares-toi au sang, aux crocs et aux morsures

Des fauves amitiés et de leurs impostures

Ne courbe pas l’échine, prépare ton flanc

Aux blessures des mots et aux baisers sanglants

Aux lances affûtées des regards hypocrites

Telle est ta Destinée, telle elle fut écrite

Dans l’encre bleue des Cieux, le jour de ta naissance

Et va, mon âme, va ! Pétrie de tes souffrances

Affronter l’avenir, l’essaim des turpitudes

Toi, l’âme en devenir, au sein des solitudes !



Ile perdue

 

Tes lointains rivages

Mon île troublante

Tes sombres rochers

Mes phrases tremblantes…

 

Tes lames de maux

Mon âme mourante

Tes houles de mots

Mes pages dormantes…

 

Tes anciens naufrages

Mes larmes absentes

Ton rêve écorché

Ma plume sanglante…

 

Recueil « Aux mots inutiles »

L
e coquelicot


Un petit coquelicot en sa robe rouge

Sur le chemin poudreux où se perdaient mes pas

M’a crié ce matin : « Attention, si tu bouges

Tu fouleras mes mots et ne rêveras pas !


Que fais-tu, lui dis-je, dans sa langue florale

Au milieu du sentier à héler les passants

Ne serais-tu pas mieux parmi les céréales

Près des fiers épis dans le jour éblouissant ?


Ne serais-tu pas mieux près des routes champêtres

À fleurir au soleil dans le brillant été ?

N’as-tu pas l’ambition tout au fond de ton être

De vivre avec les fleurs et leur fraîche gaîté ? »


Je n’avais point encore fini ma harangue

Que son chant s’éleva dans les airs, haut et pur

Et sa voix, vrai joyau, qui sortait de sa gangue

Me conta en chanson sa naissance d’azur


« Je n’ai pas – O Poète – choisi cette terre

Le vent ma jeté là, voici bien des saisons

Et longtemps j’ai gardé silencieux les mystères

De mes rêveries – j’attendais ma floraison


Jusqu’au jour où le Ciel, ce jardinier des âmes

A fait germer en moi la tige de mes mots

Et j’ai ouvert mon cœur, des pétales de flammes

M’ont poussé, comme sur l’arbre les verts rameaux


Et depuis je transforme la poussière en rêves

Pour que ta longue route soit de vers fleurie

Ne dérange donc pas mon songe, je te prie

Je n’ai plus qu’un pays : le Mot, mon univers… »

(recueil "Aux mots inutiles")



POEMES EXTRAITS DU 3ème RECUEIL                                 « Cœurs et chaos », edilivre

Dernière Parole


Quand viendra le Temps dernier
Quand viendra la Nuit du jour
Quand la vie viendra pleurer
Le Sacré des nuits d’amour

Quand les vents deviendront fous
Quand les fous deviendront sages
Quand la mer fera naufrage
Sur ses rives qu’on bafoue

Quand viendra l’âge des Cendres
Quand viendra l’heure poignante
Des sanglots d’âmes errantes
Quand la Fin viendra descendre

Quand le Ciel deviendra noir
Pour cacher la lune en larmes
Quand la mort, le bruit des armes
Chanteront le Désespoir

Nous nous souviendrons de Nous…

Rêve

Coucher la nuit sur une feuille blanche
Semer les étoiles à l'encre noire
Sublimer du jour tout le désespoir
Ecrire l'amour comme une revanche

Rêver les matins aux lueurs dorées
Le pourpre des roses, vif, éclatant
Retenir les songes, tuer le Temps
Qui peint au Printemps des cieux mordorés

Disperser le sable des sabliers
Et d'un seul regard faire des prodiges
N'être plus qu'un souffle, plus qu'un vertige
Voir le fond des gouffres sans sourciller

Rallumer les feux des âmes éteintes
Et chercher dans la cendre une étincelle
Trouver cette flamme qui ensorcelle
Embrasser les nues d'une seule étreinte

Partir pour toujours dans cette contrée
Et atteindre enfin ces exquis rivages
Où naissent les mots et les fleurs sauvages
Dans les mains de tout ange rencontré


AUTRES POEMES


Automne

L’été s’en est allé, emportant avec lui
Le sel, le feu, le vent qui enivrent les cœurs
Les nuits aux yeux cernés de nos folles ardeurs
L’automne est revenu sous un manteau de pluie

L’automne et ses rougeurs et ses soupirs discrets
Ses immenses soleils drapés de cieux orange
Ses brumes enlaçant des frondaisons étranges
Qui s’étirent jusqu’à la cime des secrets[ ...]
recueil "Aux mots inutiles"      


L'éveil (extrait)

Chut…Ecoutez…Ouvrez vos cœurs et vos oreilles
De vos âmes, ouvrez les persiennes moroses
Derrière les volets de vos paupières closes
Au creux du silence palpitent les merveilles

Soyez par un regard, un brin d’herbe un peu fou
Le chêne sauvage, le frêle peuplier
Osez couvrir de fleurs vos ailes repliées
Chantez l’arbre de vie au rythme du coucou [...]



Le marchand

Il m’a dit
On n’écrit plus – savez-vous ?- de cette manière
Laissez la rime du vers rejoindre l’oubli
L’alexandrin est mort et la mode dernière
Est d’écrire en prose poétique la vie

Il m’a dit
Nous avons fait de grands efforts en écriture
Notre siècle est moderne et vos vers sont puérils
De quoi vous mêlez vous donc ? De littérature ?
Votre métrique reste celle des exils !

Il m’a dit
Excusez, s’il vous plaît, cette lettre brutale
Joignez-vous à l’effort de renouvellement !
Et jetant dans la boue mes rêves de cristal
Il partit. Je pensai : Votre poésie ment

Que m’importe vos mots, il ne sont que blasphèmes
Car que savez-vous donc des musiques du cœur ?
Vous n’êtes qu’un marchand, non l’ami des poèmes
Juste un mercantile néo rhétoriqueur !

Dois-je donc pour vous plaire entraver ma pensée
Réduire à vos formes les voix de l’Infini
Museler la muse qui m’offre des brassées
De fleurs et de senteurs chaque jour de ma vie ?

Les mots vont. Ils coulent comme un libre torrent
Entre pierre et roseau, entre mousse et verdure
Rien ne peut arrêter leur essor conquérant
L’harmonie des vers est la seule qui perdure



Aux mômes,

Sous les buissons fleuris, j’ai trouvé une rose
Comme on trouve au hasard des rencontres étranges
La vérité d’un mot dans le secret des choses
De nos troubles destins loin du ciel et des anges

Sous les buissons fleuris, j’ai trouvé des épines
Des gouttes de rosée dans le sang du soleil
Rougissant le passé de ses teintes vermeilles
Dans le grand silence des douleurs enfantines

Et j’ai haï la fleur, et j’ai fui le couchant
Car l’enfant fut souillé sous les pétales roses
L’innommable a trahi cette innocence éclose
Sous la menace infâme d’un couteau tranchant

Sous les buissons fleuris, j’ai trouvé votre monde
De larmes, de souffrances, de rictus hagards
Et la douce candeur s’en fut de mon regard
Et je crie aujourd’hui ma haine de l’immonde

Sous les buissons fanés, refleuriront les roses
Pures comme le rire éternel des enfants
Belles comme les poings levés et triomphants
De l’avenir vengeur des mômes aux joues roses !

2004

"Automne des âmes


Je ne marcherai plus sur les chemins fleuris
Et je pleure sans bruit mon âme défunte
Aridité des larmes, la promesse fut feinte
De mes envols sauvages, les dieux ont bien ri

Repus, rouges d'excès, la panse remplie
Ils nous jettent en bâillant quelques miettes de joie
Que nous nous arrachons, dans la fièvre et la foi
Nourrissant nos délires aux pieds de la Folie

Quand nos bouches asséchées par nos prières ardentes
Trouveront-elles enfin cette source rêvée
Lavant les cœurs suintants, les amours écorchés
Et quand dormirons-nous loin des enfers de Dante ?

Damnés sont nos espoirs, si courts sont nos bonheurs
Il n'y a que les mots qui résistent à l'usure
Mais quand vient le silence, s'ouvrent les meurtrissures
Et prêts sont nos linceuls pour toutes nos ardeurs..."


"L’espace s’est réduit, l’espace d’un frisson
L’espace entre nos peaux, le temps d’une chanson
L’espace s’est ouvert vers l’espace étoilé
Le temps de ton regard par l’émotion voilé

L’espace d’un clin d’œil, mon âme a vacillé
L’espace d’un soupir, mon cœur s’est dessillé
L’espace d’un tango, notre amour a fleuré
L’instant de ton parfum, de ton corps effleuré

L’espace d’un printemps, nous nous sommes aimés
Corps transis, cœurs souffrants des amours abîmés
Des pétales des fleurs sont nés tous nos baisers
L’espace d’un rayon de soleil embrasé..."


"A nos mères…

Cette femme que l’on porte en soi pour toujours
Cette femme fragile, et si forte, et si belle
Cette femme-sourire, ce baiser, c’est elle
Qui fut notre joie et notre premier amour

Son regard est le ciel, son parfum est l’enfance
Et sa voix connaît tous les rythmes et les sons
Des musiques du cœur, des joyeuses chansons
Des berceuses jolies du temps de l’innocence

Nul besoin de discours, son cœur est omniscient
Il devine sans peine l’ombre de notre âme
Et d’un mot, et d’un geste, s’efface le drame
Pour rendre à notre esprit son soleil insouciant

Un lézard sur une pierre, une fleur de printemps
Un goût de confiture – oh mémoire première
Qui nous berce toujours sur le sein de nos mères
Et qui rend à nos jours cette douceur d’antan!"


"Pour demain

L’ombre gît, c’est la nuit, ma pensée frissonnante
Sous le ciel endormi guette l’éveil du jour
Et j’attends recueillie que la voix dissonante
Du silence devienne une chanson d’amour

Un chant céleste et pur à la note florale
Aux chatoyants aveux pour taire mon chagrin
Dans l’aube de tes yeux, j’entendrai la chorale
Des nues enamourées aux portes de demain

Le temps fuit, mon ennui, mon âme palpitante
Sous la lune brillante guettent ton retour
J’ai tant cru aux serments des étoiles filantes
Je veux croire à présent au divin de l’amour

A cet amour ardent transfigurant la chair
Antérieur à l’humain, lumineux, extatique
Qui sait unir la fleur au cœur de l’univers
Pour enfanter un rêve aux contours édéniques"


En souvenir de Oblawa, chanson de Jacek Kaczmarski
1974

« Chanson de mon enfance, tu n’es point berceuse
Ta voix est âpre et forte, et ton chant est guerrier
Tu es la ballade terrible et monstrueuse
De jeunes loups chassés par l’homme meurtrier

Et la guitare joue, et les mots claquent tels
Les mâchoires aux crocs sanglants des chiens coureurs
Perdus, les jeunes loups sous les fusils mortels
Tombent dans la neige tachée par la terreur

Et la guitare joue, et se poursuit le raid
Dans la dense forêt où, passionnés, sauvages
Vivaient libres les loups. Qui leur viendra en aide ?
Qui voudra mettre fin à l’horrible carnage ?

La chasse continue et chante la guitare
De jeunes loups meurent de par le vaste monde
Défendez-vous, frères ! Avant qu’il soit trop tard
Avant que ne règne cette violence immonde !

Chanson de mon enfance, tu n’es point heureuse
Ta voix est âpre, tes mots sont tous censurés
Et l’on ne t’écoute qu’aux heures ténébreuses
Et l’on te chante fier ! Mais pas très rassuré... »
version première du poème


 Quelques extraits de recueils...

« Assis sur une grève de la mer immense
Un ange égaré, l'œil brillant, regarde l’onde
L’onde bleue, insondable, amère et si profonde
Et le remous de l'eau le distrait du silence

Il regarde passer les couchants et ses feux
Les traîneaux de lumière et les chars enflammés
Illuminant les nues et la chair des almées
Qui dansent, légères créatures des cieux »
           Extrait de "l’Ange", recueil « Etats d’âmes » édition Edilivre

« Depuis ce jour béni où ma flamme fut tienne
Je n’ai jamais connu d’autre feu aussi grand
Que celui dont tu omis de rester la gardienne
Ame de mon amour, mon destin immigrant

Partir, partir toujours ! Et se perdre en errances
Est-ce là ce chemin que ton cœur m’a caché
Mourir, mourir un jour ! Si loin de ta fragrance
Et réchauffer ma Nuit d’un bonheur arraché !

Son âme était – je sais- la route vers moi-même
Sur la trace des rêves et des sentiments
Son âme était – je crois- mon unique poème
Je l’ai écrit en vers de nos pleurs de diamants… »
             Extrait de "Chemin d’âme", recueil « Etats d’âmes »

« Ailleurs

Mon cœur est semblable au cœur libre des nomades
Enfants des plaines d’Est aux chants fiers et sauvages
Amoureux des forêts et des verts paysages
Et des nues suspendues au-dessus des manades

Chaque souffle est pour lui un voyage impromptu
Au jardin des rêves où de blanches ménades
Ecoutent pensives le son des sérénades
Du soir mystérieux, tout d’ombres revêtu

Un couchant lui suffit pour s’embraser pareil
Au flambeau de l'espoir attisé par le vent
Et chantant, enflammé, il s’en va en rêvant
Au temps béni lorsqu'il atteindra son Soleil »
[…] »
Extrait du premier poème du recueil « Ailleurs » édition Edilivre

A mon Ame…

Mon âme, ris! L’heure est aux roses
L’heure est au charme des baisers
Aux pieds des fleurs, viens déposer
Alarmes et pensées moroses

Mon cœur, chante! L’heure est au tendre
L’heure est aux doux soupirs des bois
Quand sous le ciel, l’amour flamboie
Ne laisse pas l’amour attendre

Ne laisse pas l’ombre venir
Sous les bois frais. Ris d’allégresse
Cueille les fruits de ma tendresse
Ils ont le goût de l’avenir

Mon âme, le regret est chose
Qui ne vaut pas qu’on le contemple
Vois l’horizon et vois la rose
Ils sont de notre amour le temple" 
Extrait de « Ailleurs »

« Au phare

Gardien des eaux, œil de la mer qui guettes
Les grands bateaux blancs aux ailes de vent
Fiers, orgueilleux, toutes voiles devant
Défiant les cieux, leurs fureurs, leurs tempêtes

Lumière des flots aux ombres inquiètes
Quand au creux des vagues, l’espoir chavire
Ami des solitudes des navires
Qui vont, rêvant, à tes lueurs secrètes

Ne nous oublie pas, seigneur des orages
Et viens réchauffer nos récifs en pleurs
Au cœur des nuits aux sanglots de douleur
Où flotte le souvenir des naufrages

Toi, qui te tiens, solitaire fantôme
Sur le rocher noir de nos vains tourments
Eclaire-nous parmi les éléments
Et guide-nous sur l’océan des hommes… »
Extrait du recueil «Ailleurs », édition Edilivre

"Au loup

Il est venu, le temps des ombres
Des clameurs de la nuit guerrière
Du feu des armes, des décombres
Et du sanglot des prières

Dans la forêt, jadis sauvage
Voyez, les arbres se recueillent
L’homme prépare le carnage
Et la Nature, le cercueil

Le temps du Loup, fier solitaire
S’en est allé avec les contes
Le grand fossoyeur de la Terre
L’œil plein de haine fait ses comptes :

« Un loup, deux loups, c’est déjà trop!
Cessons cela ! Tuons en quatre !
Quel ennui que la vie de Pâtre !
Quel plaisir, la vie de Bourreau ! »

Pleure, verdoyant paysage
Cache bien la Vie en ton sein
Voici le temps des assassins
Des monstres à l’humain visage"
extrait de "Ailleurs"

"Musical,

Aériens chœurs de voix, montrez-moi le chemin
Qui mène vers ce monde où le coeur est serein
Notes graves, fluettes, musicaux parfums
Enveloppez mes nuits, glissez-vous sur mes mains

Oh, faites que le ciel apaise ma mémoire
Que le piano s’envole en gouttes d’ouragans
De nuage en nuage et en fleurs d’origans
Au-dessus des soupirs de cristal et de moire

Rêveries de clochettes, furtifs carillons
Violons! Dansez, riez, ce sont mille étincelles
De bonheur que vos âmes tremblantes cisèlent
Comme autant de diamants, autant de papillons [...]"extrait de "Etats d'âmes"


"L'amour est un poème,

L'amour est un poème et la vie un mirage
Je tremble et je t'aime, m'aimeras-tu encore
Lorsque la Nuit viendra éloigner nos deux corps
Lorsque l'Ennui viendra aux astres faire ombrage

L'amour est un secret, le temps est un blasphème
Aux baisers caressants, aux lèvres parfumées
Aux regards émouvants, au désir sublimé
L'amour est liberté, le bonheur est bohème [...]"extrait de "Etats d'âmes"