autoportrait 2005
Prologue
J’ai nourri mon esprit d’un chant mystérieux
J’ai abreuvé mes rêves, mon âme et mes yeux
De forêts de bouleaux sous un ciel bleu d’azur
Mais le ciel se couvrit de nuages impurs
Et de poignants désirs devinrent mon tourment :
Sentir, vouloir être autre, et vouloir autrement
Vibrer, vivre et aimer. Etreindre cette envie
Du souffle, du corps, de la chair et de la vie!
J’ai cherché mon pays, enfant perdu des plaines
J’ai cherché dans ma nuit les secrètes haleines
Des bois printaniers et des champs mûrs d’été
Des mousses parfumées, souvenirs émiettés
De temps qui furent miens avant de disparaître
Tableaux verts d’un pays qui un jour m’a vue naître
J’ai cherché la contrée de la foi qui fut mienne
Je meurs dans l’oubli : faites que je me souvienne!
Je m’enfuis, chaque nuit, dans la sainte pénombre
De ces clairs souvenirs qui foisonnent en nombre
Un peu plus loin de vous, mais plus près de mon âme
Un peu plus près d’un dieu qui jamais ne condamne
Et jamais ne rejette son enfant terrible :
Ce n’est point le Très-Haut qui règne dans la Bible
Je ne sens point le froid, je ne sens plus le temps
Mes rêveries défilent, mon cœur se distend
Et j’entends s’élever, silencieux, le mystère
De mes aïeux qui dorment sur une autre terre
Non, ne me jugez donc pas, vous dont la patrie
Enorgueillit votre âme. La mienne est meurtrie
Peu m’importent vos contes et vos traditions
Je ne peux faire miens vos rêves, vos passions
Prenez-moi s’il vous plaît pour une énergumène
Mais laissez-moi mes songes que je m’y promène
En toute liberté... Mon pays est de vers
Mon pays est l’été flamboyant en hiver
Mon pays, mon Unique est le mot qui descend
D’une étoile éplorée, d’un ciel évanescent
Où l’amour est la Loi, où l’espoir naît du Verbe
Où règnent Harmonie et Nature superbes...
Auto-portrait
Vous peindrai-je un portrait qui ne soit narcissique?
Dans la tête l’amour, dans le cœur le mystique
Du vent pour tout habit, du rêve pour atours
Insatiable, instable, lunatique toujours
Lorsque j’étais enfant, je voulais être prêtre
Je voulais toucher Dieu, les anges et connaître
De la vie, de la mort, les mystères profonds
Et aux heures nocturnes où tout se confond
Je regardais le ciel. Dans les ombres muettes
J’écoutais les vents aux voix pures et fluettes
Me conter les champs d’or où dormait le soleil
Les cimetières boisés du dernier sommeil
Et les forêts perdues à la sève odorante
O grisants souvenirs d’une enfance charmante !
Que le temps était doux entre jeux et sourires
Regarder dans le ciel les nuages décrire
De fabuleux chemins, de blanches arabesques
Egrener des projets fous et funambulesques
Et pouvoir tout rêver, et penser tout pouvoir
Et sentir mille fois, s’émerveiller de voir
S’épanouir la vie en un chant magnifique
Aux couleurs de l’espoir dans ce monde magique
Qu’est celui du songe mêlé à la nature
Grandir libre, être aimé, enivrante aventure !
De ce temps bienheureux, de ce temps de lumière
Il me reste un sourire, un ciel bleu en mon cœur
La douceur d’un parfum, le rire de ma mère
Et la force de croire en un amour vainqueur
Je grandis dans la joie, le rêve et l’espérance
Sans penser à demain, aux destins qui chavirent
Je ne connaissais rien des terribles souffrances
Qui condamnent les âmes aux vils repentirs
Très jeune j'ai découvert la littérature que j'ai aimée avec passion. J'ai toujours écrit mais le travail d'écriture n'est vraiment venu qu'à l'âge adulte, avec les évènements de la vie et le besoin vital de s'extraire du réel. Au départ, compagne et confidente des heures solitaires, elle fait à présent partie de mon existence...
Aujourd'hui, je continue à écrire en diversifiant les genres littéraires.
Je suis membre de : la Société des Auteurs du Poitou-Charentes,
et de la jeune et très active association d'auteurs réunis Ecrituriales.
ainsi que de l'association Arts et Lettres de Charente (ALC).